Les Chroniques de VJC

ENSOA, Baptême de la 318e promotion Adjudant-chef Joël gazeau !

L'adjudant-chef Joël GAZEAU, parrain de la 318ème promotion d'élèves sous-officiers de l’École nationale des sous-officiers d'active. le baptème de promotion a eu lieu ce jour. L’ENSOA est une école de commandement qui forme des chefs. Son cœur de métier est d’assurer la formation générale de tous les sous-officiers (active et réserve) dont l’armée de Terre a besoin.

La carrière de l'adjudant-chef GAZEAU, parrain de la 318ème promotion de l'ENSOA, baptisée ce jour...Joël Gazeau est né le 1er juin 1970 à Cahors dans le département du Lot. Adolescent à la personnalité à la fois discrète, marquante et modeste, il grandit dans la petite ville de Pradines, entouré de ses deux soeurs et de l’affection de ses parents.
 
Après avoir effectué son service militaire dans la Marine nationale, à Toulon, de 1987 à 1988, Joël s’engage, le 22 février 1990, au titre du 3e régiment d'infanterie de marine (3e RIMa/Vannes). Affecté à la 4e compagnie, il est nommé à la distinction de 1ère classe le 1er mars. Le 2 août de la même année, l’Irak envahie le Koweït. La guerre du Golfe est déclenchée. Du 24 décembre 1990 au 13 avril 1991, Joël est engagé en tant que tireur 12,7 mm dans l’opération « Tempête du désert » au sein de la Division Daguet. Pour s’être particulièrement distingué, le 26 février 1991, lors de la fouille des maisons de la ville d'As Salman, le 1ère classe Gazeau est cité à l'ordre du régiment avec attribution de la Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieures.
 
Le 1er mai 1991, peu de temps après son retour en métropole, Joël est nommé caporal. Six mois après, il intervient au Tchad dans le cadre de l’opération « Epervier ». Ce dispositif a été mis en place dans ce pays en février 1986 dans le but de contribuer au rétablissement de la paix et au maintien de l’intégrité territoriale du pays.
 
Le 1er avril 1992, Joël est nommé caporal-chef. Du fait de son exemplarité, de son potentiel et de son expérience, le caporal-chef Gazeau est désigné pour incorporer, du 4 mai au 31 juillet 1992, la 149e promotion de l'ENSOA « Adjudant-chef Jean PÉGUÉ ».
 
Le 3 décembre 1992, le Conseil de Sécurité des Nations Unies adopte la résolution 794 en particulier du fait des exactions commises en Somalie suite à la chute du régime dictatorial en janvier 1991. C’est dans ce contexte et dans le cadre de l’opération « Oryx » que le sergent Gazeau sert du 16 décembre 1992 au 20 mars 1993 dans ce pays ainsi qu’à Djibouti.
Dès l’été 1992, sous mandat de l’ONU, la France s’engage militairement dans les Balkans, en Croatie et en Bosnie au sein de la Force de Protection des Nations Unies (FORPRONU). C’est dans ce nouveau contexte que Joël est projeté, du 17 janvier au 27 juin 1994 à Sarajevo. Il se distingue le 10 février lors de la prise d'un pont dans le quartier de Gorbavica et le 28 février en découvrant une grenade défensive dissimulée dans le sac d’une femme désirant pénétrer dans l'enceinte de sa compagnie. Pour ces deux faits d’armes, le sergent Gazeau est cité à l'ordre de la brigade avec attribution de la Croix de la valeur militaire.
Peu de temps après son retour en métropole, Joël suit avec succès le stage de moniteur des techniques commandos au centre national d’entrainement commando (CNEC/Mont-Louis et Collioure) et effectue, au cours du premier semestre 1995, un stage d'entrainement commando au 28e régiment d'infanterie (28e RI/Pont-Saint-Vincent).
 
Du 21 juin au 10 novembre 1995, le sergent Gazeau sert de nouveau en Ex-Yougoslavie où il démontre, une nouvelle fois, ses qualités de soldat et de chef au service de la paix.
Désigné pour servir en Guyane, il est affecté, à compter du 12 avril 1995, au 9e régiment d’infanterie de marine (9e RIMa/Cayenne) comme moniteur jungle. En 1996, du fait de sa rusticité et de son goût du dépassement de soi, le sergent Gazeau est désigné pour suivre l’exigeant stage d’aguerrissement du centre d'instruction de la guerre en jungle de Manaus, au Brésil. Fort de cette nouvelle expérience et de ses compétences techniques et humaines, Joël sera un cadre de contact particulièrement apprécié par sa hiérarchie durant ce séjour.
 
A son retour en métropole, le sergent Gazeau retourne servir au 3e RIMa, à compter du 20 avril 1998, et il est très vite désigné pour être projeté dans les Balkans. C’est ainsi qu’au cours de l’été de la même année, dans le cadre du déploiement de la Force de Stabilisation (SFOR), sous commandement de l’OTAN, il contribue de nouveau au maintien de la paix dans cette région.
A 28 ans, plus d’un an avant l’obtention de son brevet supérieur de technicien de l'armée de Terre (BSTAT), Joël est promu sergent-chef le 1er décembre 1998. C’est au cours de cette période qu’il fait savoir qu’il est volontaire pour rejoindre les forces spéciales.
 
Dans le cadre des accords de défense, le sergent-chef Gazeau est projeté en République de Côte d’Ivoire du 29 février au 5 juin 2000. Au cours de la même année, Joël réussit brillamment les exigeants tests de sélection du 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (1er RPIMa/Bayonne) et il obtient son brevet militaire de parachutiste (numéro 645 829). Le 1er aout 2001, le sergent-chef Gazeau est affecté au 1er RPIMa.
Au cours du second semestre de la même année, il réussit de nombreuses formations et il est en particulier déclaré titulaire de la qualification chef de groupe "recherche aéroportée et actions spéciales" (RAPAS) le 21 décembre.
 
Présent au Kosovo afin de faire respecter le cessez-le-feu et protéger la population civile, les forces françaises sont déployées principalement dans le nord de ce pays depuis 1999. Un détachement des forces spéciales est naturellement présent sur ce théâtre et c’est dans un contexte délicat que Joël y effectuera deux OPEX de quatre mois en 2002.
Nommé adjudant le 1er avril 2003, il reçoit le lendemain une lettre de félicitations du chef de corps du 1er RPIMa du fait de ses solides compétences professionnelles, sa grande rigueur dans la préparation de ses missions et sa motivation exemplaire. En fin d’année, l’adjudant Gazeau est projeté pendant plusieurs semaines en Guyane.
 
Pendant ce temps, la France déploie un détachement de forces spéciales dans le sud-est de l’Afghanistan. Du 5 juin au 30 novembre 2004, Joël y est projeté dans le cadre du déploiement de la force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS/ISAF). Le 27 avril 2006, moins d’un an après avoir obtenu le brevet "RAPAS or", il combat de nouveau sur ce théâtre. Dès le lendemain, Joël est détaché comme chef de patrouille au sein du "Task Group Arès" dans le cadre de l'opération "Héraclès porte sud". Il a pour mission de contribuer à l’encadrement d’un bataillon de l'armée nationale afghane (ANA), dans la province du Helmand. Dans la nuit du 19 mai, au nord-ouest de Kandahar, il est engagé dans une mission conduite par les alliés, aux lisières sud du village de Kajaki Sulfa. En portant secours, à la tête de ses hommes, à un détachement de l’ANA pris dans une embuscade, Joël est mortellement touché dans l'accomplissement de son devoir. Le caporal-chef David Poulain, appartenant également au 1er RPIMa, tombe aussi sous les balles des insurgés.
 
La mort au combat de Joël, à l’aube de ses 36 ans, frappe sa famille, sa fille Maïlys âgée de 6 ans, ses amis ainsi que ses compagnons d’armes du 1er RPIMa, du 3e RIMa et du 9e RIMa.
Pour son sacrifice et son courage au service de la France, dans sa lutte contre le terrorisme, l'adjudant Gazeau est cité à l’ordre de l’armée, par le Ministre de la Défense, lors d’une cérémonie à Bayonne. Il est également décoré de la Médaille militaire et il est promu au grade d’adjudant-chef. De même, afin d’honorer sa mémoire, saluer son courage et son abnégation, son nom est inscrit, en 2007, sur le monument aux morts de la commune de Pradines.
 
L’adjudant-chef Joël Gazeau était titulaire des décorations suivantes : Médaille militaire Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieures avec une étoile de bronze Croix de la Valeur militaire avec une palme et une étoile de bronze Croix du combattant Médaille d’Outre-mer avec agrafes « Moyen-Orient », « Tchad » et « Somalie » Médaille d’or de la Défense nationale avec agrafes « Troupes de Marine » et « Missions d’assistance extérieure » Médaille commémorative française avec agrafes « Ex-Yougoslavie » et « Afghanistan » Médaille de l’OTAN avec agrafe « Ex-Yougoslavie » Médaille de l’OTAN avec agrafe « Kosovo » Médaille de l’OTAN avec agrafe « Non Article 5 » au titre de l’ISAF Médaille des Nations-Unies « Ex-Yougoslavie » Médaille de la libération du Koweït.
 
Elèves sous-officiers de la 318e promotion de l’ENSOA l’adjudant-chef Gazeau est mort pour la France après avoir servi et bien souvent défendu ses valeurs à travers 10 théâtres différents et cela pendant plus de 17 ans. Médaillé militaire, trois fois cité, soldat qui excellait dans l’action. Joël était aussi un sous-officier particulièrement exemplaire et un chef qui possédait toutes les qualités de meneur d’hommes. Futurs sergents et maréchaux des logis de la promotion « adjudant-chef Joël Gazeau », appropriez-vous les très belles qualités humaines et professionnelles de ce héros et soyez fiers et dignes de sa mémoire.

Publié le 11/05/2017

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