Les Chroniques de VJC

17 juillet 1945...Conférence de potsdam avec le début de la guerre froide !

Le choix de l’ancienne résidence d’été du Kronprinz pour accueillir ce second sommet des trois vainqueurs de Hitler n’est pas le moindre des symboles. Situé au coeur d’un Reich anéanti, non loin de Berlin dévasté, il témoigne de la victoire totale des Alliés sur le front européen. Six mois plus tôt, à Yalta, en Crimée, Roosevelt, Churchill et Staline ont ébauché un projet pour l'après-guerre mais les engagements des uns et des autres n'ont pas longtemps résisté aux réalités du terrain...

La réunion de Potsdam avait pour objet de franchir une nouvelle étape, avec la création d’un Conseil des ministres des cinq puissances détentrices du droit de veto. Ces cinq Etats (USA, URSS, Grande-Bretagne, Chine, France) sont, aujourd’hui encore, les membres permanents du Conseil de sécurité. La réunion de Potsdam avait pour objet de franchir une nouvelle étape, avec la création d’un Conseil des ministres des cinq puissances détentrices du droit de veto.
 
Dans les semaines qui suivent, jusqu'à la capitulation du IIIe Reich, les armées soviétiques occupent à grande vitesse Berlin et la partie orientale de l'Allemagne, ainsi qu'une partie de l'Autriche et toute l'Europe centrale, cependant que les Alliés occidentaux, débarqués en Normandie un an plus tôt, peinent à avancer en Allemagne occidentale. Winston Churchill s'en inquiète et craint de n'avoir libéré l'Europe centrale de l'oppression nazie que pour la livrer à l'oppression communiste. L’autre grande question est clairement exposée par le préambule de la déclaration de Potsdam : comment s’assurer que l’Allemagne ne menace plus jamais ni ses voisins ni le maintien de la paix dans le monde entier ? Pour parvenir à cet objectif, les alliés s’entendent sur une stratégie des quatre D : démilitarisation, dénazification, décentralisation, démocratisation. L’Allemagne sera traitée comme une entité économique unique.
 
Depuis Yalta, le contexte militaire et politique a radicalement changé. La guerre est gagnée en Europe et les Soviétiques se sont engagés à attaquer le Japon au début du mois d’août. Les hommes aussi ont changé. Truman a succédé à Roosevelt, décédé le 12 avril, et tente d’imprimer sa marque. Quant à Churchill, battu aux législatives du 26 juillet par le travailliste Clement Atlee, il est contraint de lui céder la place au beau milieu des négociations qui, elles, ne s’achèveront que le 2 août. Apparemment, l’entente demeure cordiale.En fait, la coalition se fissure déjà. Staline rejette la proposition américaine de libre circulation sur toutes les voies d’eau internationales.
 
Quant aux Occidentaux, ils refusent de condamner le régime franquiste. Mais c’est surtout l’annonce officielle, le 20 juillet, de l’explosion de la première bombe atomique américaine qui précipitera la mise en place d’une nouvelle donne. Staline, qui n’avait été mis au courant par Truman que quatre jours après l’explosion (il ne sera pas non plus prévenu des bombes sur Hiroshima et Nagasaki), convoque son chef d’état-major, Joukov, et son ministre des Affaires étrangères, Molotov. Le message est clair : il faut rattraper les Américains. " Demandez tout ce dont vous avez besoin, insiste-t-il, rien ne vous sera refusé." L’explosion du 16 juillet, puis les raids sur Hiroshima et Nagasaki auront bien entendu des conséquences militaires et politiques sans précédents. Du point de vue de la stricte stratégie, la guerre devient totale.
 
Pour relations internationales, l’utilisation de l’arme nucléaire a moins marqué la fin de la Seconde Guerre mondiale que le début de la politique des blocs, premier pas de la mise en place de la "guerre froide".

Publié le 17/07/2017

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